Mythologie de l’Egypte Ancienne

Posté par dodyko le 26 juillet 2011

1 PRÉSENTATION

égyptienne, mythologie, ensemble des croyances constituant la religion de l’Égypte dans l’Antiquité, pratiquée depuis le IVe millénaire avant notre ère et jusqu’au IVe ou le Ve siècle de notre ère.

Les croyances religieuses de l’Égypte ancienne, qui perdurèrent avec une remarquable stabilité pendant plus de trois millénaires, exercèrent une influence déterminante sur le développement de la culture et de la civilisation de ce pays. En effet, les dieux et l’au-delà étaient une préoccupation de premier plan pour les Égyptiens, et se trouvaient au centre de tous les aspects de leur existence. Le temple était le monument le plus important des cités égyptiennes, et le pouvoir des prêtres fut, à certaines époques, immense, au point de menacer celui du pharaon.

La foi des Égyptiens avait pour fondement un ensemble de mythes mettant en scène d’innombrables divinités, mais, malgré ce polythéisme, malgré l’étonnante multiplicité de leurs dieux anthropomorphes, la capacité des Égyptiens à saisir le divin comme principe, dans son abstraction et son unicité, a fait dire que leur polythéisme apparent cachait en réalité une conception monothéiste de la divinité.

2 LA CRÉATION

Selon la cosmogonie égyptienne la plus ancienne, celle de la ville d’Héliopolis, seul le chaos, sous la forme d’un océan appelé Noun, existait au commencement. Puis Rê (plus tard considéré comme Atoum, le dieu du soleil du soir) apparut à la surface de l’eau. Le démiurge né des flots engendra quatre enfants, les dieux Shou, l’atmosphère, et Geb, la Terre et les déesses Tefnout, l’Humidité, et Nout, le Ciel. Shou et Tefnout se tenaient debout sur Geb, la Terre, et soutenaient Nout, le Ciel. Rê était leur souverain. Geb et Nout par la suite eurent deux fils, Seth et Osiris, et deux filles, Isis et Nephtys. C’est Osiris qui succéda à Rê comme roi de la terre, secondé par Isis, sa sœur et épouse. Seth, toutefois, haïssait son frère et le tua. Isis embauma alors le corps de son époux, aidée en cela par le dieu Anubis, qui devint ainsi le dieu de l’Embaumement. La puissante magie d’Isis ressuscita Osiris, qui devint roi du monde inférieur, ou royaume des morts. Horus, fils d’Osiris et d’Isis, devait plus tard vaincre Seth au cours d’une grande bataille et devenir roi de la terre. C’est la déesse Maât qui incarnait l’ordre et la régularité du monde voulu par le démiurge.

À côté des cosmogonies établies par les prêtres, les croyances populaires développèrent divers récits mythologiques mettant en scène les divinités, récits qu’on peut regrouper en trois cycles : le cycle solaire, le cycle horien et le cycle osirien.

3 LES DIEUX LOCAUX

Le mythe de la création d’Héliopolis mit en avant le schéma de l’ennéade, ou groupe de neuf divinités, et celui de la triade, composée de trois êtres divins, père, mère et fils. La plus grande ennéade était celle que Rê formait avec ses enfants et ses petits-enfants et qui était adorée à Héliopolis, centre du culte solaire dans le monde égyptien. Toutefois, le temple de chaque province, en Égypte, avait sa propre ennéade et sa triade. L’origine des divinités locales est obscure ; certaines semblent avoir été empruntées à des religions étrangères, d’autres sont issues des animaux divinisés de l’Afrique préhistorique. Peu à peu, les divinités locales adorées dans les capitales des provinces s’intégrèrent à une structure religieuse complexe, commune à toute l’Égypte. Chacune des quarante-deux capitales de province avait sa triade, ce qui porte à cent vingt-six le nombre des divinités locales.

Après Rê et les divinités qui interviennent dans l’épisode de la création, les dieux importants sont Amon, Thot, Ptah, Khnemou et Apis, et les déesses les plus éminentes Hathor, Mout, Neith et Sekhmet. Leur importance croissait en fonction de l’importance politique des cités d’où elles étaient originaires et où elles étaient adorées. Par exemple, l’ennéade de Memphis, qui avait à sa tête une triade composée du dieu père Ptah, de la mère, Sekhmet, et du fils Nefertoum, prit de l’importance sous le règne des dynasties de Memphis et Ptah devint l’un des plus grands dieux d’Égypte. De même, lorsque les dynasties thébaines régnèrent sur l’Égypte, c’est l’ennéade de Thèbes, avec à sa tête le dieu père Amon, qui prit une importance nationale. Les véritables divinités de l’Égypte ancienne se trouvèrent parfois confondues avec des êtres humains divinisés après leur mort : c’est le cas d’Imhotep, à l’origine Premier ministre du pharaon Djéser de la IIIe dynastie, qui fut plus tard considéré comme un demi-dieu guérisseur. C’est au cours de la Ve dynastie que les pharaons commencèrent à revendiquer leur origine divine en tant que fils de Rê.

4 ICONOGRAPHIE

Les dieux égyptiens étaient anthropomorphes, mais leur corps d’apparence humaine était souvent surmonté d’une tête animale. Cet animal traduisait souvent les caractéristiques du dieu : ainsi Rê possédait-il une tête de faucon, oiseau au vol rapide. Hathor, déesse de l’Amour et du Rire, avait la tête d’une vache, tandis qu’au dieu Anubis on attribuait la tête d’un chacal, parce que ces animaux ravageaient les tombes du désert. Moût avait la tête d’un vautour, et Thot celle d’un ibis ; quant à Ptah, il était représenté avec une tête humaine, bien que parfois on lui donnât l’apparence d’un taureau, nommé Apis. En raison de leurs liens avec les dieux, ces animaux étaient vénérés, mais des animaux sacrés furent aussi adorés dans les temples comme incarnations divines, surtout à l’époque de la XXVIe dynastie. Les dieux étaient également représentés par des symboles, tels le disque du soleil ou les ailes de faucon qui figuraient sur la coiffe portée par le pharaon.

5 LE CULTE DU SOLEIL

Le seul dieu important, adoré de façon constante, fut Rê, roi des divinités cosmiques. Son culte débuta probablement au Moyen Empire (v. 2000 av. J.-C.) et prit par la suite les proportions d’une religion d’État. Le dieu fut confondu peu à peu avec Amon lorsque les dynasties thébaines prirent le pouvoir : il devint alors le dieu suprême Amon-Rê. Au cours de la XVIIIe Dynastie, le pharaon Aménophis III donna au dieu du Soleil le nom d’Aton, terme ancien pour désigner la force solaire physique. Mais c’est le fils et successeur d’Aménophis, Akhenaton, qui accomplit une véritable révolution religieuse en Égypte, en proclamant qu’Aton était le seul et le vrai dieu. Il changea son propre nom en celui d’Akhenaton ou Akhnaton, terme qui signifie « Serviteur d’Aton ». Ce pharaon, le premier grand adepte du monothéisme, fut un iconoclaste ; il fit effacer des monuments le nom de « dieux » mis au pluriel, et persécuta sans relâche les prêtres d’Amon. Malgré l’influence considérable qu’elle exerça sur l’art et sur la pensée des contemporains, la religion solaire voulue par Akhenaton ne lui survécut pas, et l’Égypte revint à son polythéisme antérieur après la mort d’Akhenaton sous le règne de son successeur Toutankhamon.

6 LE RITUEL DES FUNÉRAILLES

Enterrer les morts était naturellement, dans l’Égypte ancienne, une préoccupation d’ordre religieux, mais les rites funèbres y furent sans doute les plus élaborés que le monde ait jamais connus. Les Égyptiens croyaient que la force vitale, ou l’âme, était composée de plusieurs éléments psychiques, dont le plus important était le ka. Le ka était une sorte de réplique psychique du corps, qui accompagnait ce dernier tout au long de la vie et, après la mort, se séparait de lui pour aller prendre sa place dans le royaume des morts. Le ka, cependant, ne pouvait exister si le corps était anéanti ; c’est pourquoi les Égyptiens s’efforçaient de préserver les cadavres, en les embaumant et les momifiant selon une méthode traditionnelle inaugurée par Isis, lorsqu’elle avait momifié son époux Osiris (voir embaumement). Par précaution, des statues de bois ou de pierre sculptées à la ressemblance du défunt étaient disposées dans la tombe : dans le cas où la momie était détruite, elles devaient se substituer à elle et remplir son rôle. Plus grand était le nombre de ces statues doubles, plus grandes étaient les chances du mort de parvenir à la résurrection. Enfin, en guise d’ultime protection, les tombeaux étaient construits selon des plans extrêmement compliqués afin de protéger du pillage le corps et tous ses accessoires. Voir art de l’Égypte ancienne.

Lorsque les âmes des morts quittaient le tombeau, elles étaient menacées d’innombrables dangers, c’est pourquoi on plaçait près des momies des textes funéraires et en particulier le Livre des Morts, guide pour le monde des morts et recueil de sortilèges pour surmonter les dangers. En effet, à son arrivée dans le royaume des morts, le ka était jugé par Osiris, roi des morts, assisté de quarante-deux juges, et la manière de les aborder était spécifiée dans le Livre des Morts. Si les juges décidaient que le défunt avait été un pécheur, le ka était condamné au supplice de la faim et de la soif, ou était mis en pièces par un monstre horrible, la « Grande Dévorante ». Si au contraire la décision lui était favorable, le ka entrait dans le royaume céleste des champs fertiles de Yaru, où l’existence était une version glorieuse de la vie terrestre. On disposait dans les tombes tous les objets nécessaires au défunt pour cette existence paradisiaque, depuis les meubles jusqu’aux livres. En échange de cette vie céleste et de sa bienveillante protection, Osiris demandait toujours au défunt d’accomplir à son service certaines tâches, comme des travaux agricoles, mais ces tâches pouvaient être évitées si l’on plaçait dans la tombe des petites statuettes, les chaouabtis ou ouchebtis, qui se substitueraient au défunt pour les accomplir.

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Histoire de l’Egypte Ancienne

Posté par dodyko le 26 juillet 2011

Égypte ancienne

1 PRÉSENTATION

Égypte ancienne, période de l’histoire de l’Égypte allant des origines au VIIe siècle apr. J.-C.

L’ancienne civilisation égyptienne n’a été que très tardivement redécouverte par l’Occident. Née au XIXe siècle avec l’expédition de Napoléon Bonaparte, l’égyptologie est une science jeune qui ne s’est révélée que progressivement, laissant notamment mal connues les périodes les plus reculées. L’information, lacunaire, est essentiellement fondée sur les inscriptions en hiéroglyphes gravées sur les monuments ; les papyrus et rouleaux de cuir sur lesquels écrivaient les Égyptiens de l’Antiquité ont été en grande partie perdus. Des Aegyptiaca — œuvre de Manéthon (prêtre du IIIe siècle av. J.-C., contemporain de Ptolémée Ier) — n’ont été conservés que des résumés. Ceux-ci constituent cependant un document fondamental : ils établissent, en effet, la liste des souverains égyptiens et des trente dynasties qui se sont succédé durant trois mille ans. La chronologie (imparfaite et différente selon les écoles) et la généalogie de l’histoire de l’Égypte ancienne sont continuellement affinées à la lumière des nouvelles découvertes et à l’aide de techniques de datation de plus en plus perfectionnées.

Les historiens s’accordent à diviser l’histoire de l’Égypte ancienne en trois empires (l’Ancien, le Moyen et le Nouvel Empire), entrecoupés de périodes dites intermédiaires durant lesquelles le pays est scindé en une multitude de royautés. L’Égypte pharaonique est suivie par la Basse Époque puis par l’Époque hellénistique, romaine et byzantine.

2 LA NAISSANCE D’UNE CIVILISATION

Au Ve siècle av. J.-C., l’historien grec Hérodote écrit dans ses Histoires que « l’Égypte est un don du Nil. » Cependant, le Nil, pour qu’il soit source de prospérité, doit être maîtrisé en amont et en aval. Et la civilisation égyptienne, inscrite au cœur d’un territoire peu hospitalier, s’est développée dans la vallée creusée par le fleuve nourricier.

L’Égypte ne peut être forte que si son territoire est unifié et placé sous l’autorité d’un souverain puissant. Que le pouvoir s’affaiblisse, et l’éclatement survient, accompagné d’une cohorte de fléaux, invasions, misère et régression sociale. L’histoire de l’Égypte ancienne est ainsi marquée par une alternance de périodes prospères et de périodes dites « intermédiaires ». Au-delà des vicissitudes, toutefois, prévaut la continuité.

2.1 Nagada I : cultures badarienne et amratienne

Des galets aménagés attestent d’une présence humaine remontant à 500 000 ans. Cependant, ce n’est que vers 5000 av. J.-C. qu’apparaît la première civilisation identifiable : le Badarien, du nom du site de Badari en Haute-Égypte. Progressivement en effet, les populations sahariennes, contraintes de se rapprocher de zones plus humides du fait de la désertification du Sahara, s’installent dans la dépression du Fayoum et dans la vallée du Nil. Vers 4000 av. J.-C., l’Amratien (du nom du site éponyme el-Amrah) succède au Badarien ; cette période, issue de la culture de Nagada, correspond à la première phase ou Nagada I. Une vie sociale s’organise dans les villages. Les cultures badarienne et amratienne correspondent à l’apparition de l’agriculture (culture de l’orge et du blé), mais aussi à l’émergence de nouveaux rites funéraires : les morts, désormais, sont enterrés.

2.2 Nagada II : culture gerzéenne

Vers 3500 av. J.-C., un peuple chamito-sémitique vient se mêler aux populations du Nil dans la région du Fayoum. Ainsi l’Amratien cède la place au Gerzéen ou Nagada II. La civilisation gerzéenne étend son influence depuis la Nubie jusqu’au Delta. Elle se caractérise notamment par un art et une technique remarquables (peinture au trait blanc sur fond lisse rosé, outils et armes). Les cités qui se constituent dans la vallée se regroupent progressivement en deux royaumes, celui de Bouto, en Basse-Égypte, et celui de Hiéraconpolis, en Haute-Égypte.

2.3 Nagada III : les dynasties thinites

Avec le Semainien (ou Nagada III) commence la période thinite. Originaire de Hiéraconpolis, Narmer (traditionnellement identifié à Ménès) réalise l’unification des deux régions pour incarner le « double pays », auquel il donne pour capitale This, à proximité d’Abydos. Le premier, il ceint les deux couronnes — (le pschent), geste que renouvellent les pharaons égyptiens jusqu’à la conquête d’Alexandre le Grand — et crée la première dynastie thinite, également appelée dynastie O.

Les recherches archéologiques portant sur les nécropoles d’Abydos et de Saqqarah permettent de penser que les dynasties thinites jettent les bases de la monarchie de droit divin et de l’administration centrale. Les terres sont mises en valeur grâce au développement de l’irrigation.

3 L’ANCIEN EMPIRE : IIIE-VIE DYNASTIES (2649-2152 AV. J.-C.)
3.1 L’âge des pyramides

Vers 2649 av. J.-C. commence la période appelée Ancien Empire. La capitale est transférée à Memphis, ville nouvelle située à la jonction entre la Haute et la Basse-Égypte. L’Ancien Empire est marqué par l’apparition d’une architecture colossale. Le roi Djoser (ou Djéser) a pour ministre Imhotep, qui édifie, pour la première fois à Saqqarah, un tombeau royal élevé vers le ciel par sept rangées de pierres formant autant de paliers. Ce tombeau monumental a pour fonction de préserver l’immortalité du roi qui, après sa vie terrestre, continue de protéger son peuple. Les noms de Khéops, Khéphren et Mykérinos nous sont ainsi parvenus par les grandes pyramides de Gizeh. Imhotep est sans doute également l’auteur du premier recueil sapiential égyptien.

3.2 Le pharaon, fils de Rê

Sous la IVe dynastie s’affirme le pouvoir du souverain, incarnation d’Horus et d’Osiris sur la terre, dont il est le maître absolu. Le pharaon exerce son contrôle sur le pays grâce à une administration dont l’importance ne cesse de croître. À partir du règne de Snéfrou, le souverain est secondé par un vizir pour la gestion des affaires du pays. Celui-ci prospère, durant l’Ancien Empire, grâce à l’exploitation des mines du Sinaï et aux échanges commerciaux avec la Phénicie, d’où vient le bois du Liban employé dans les sarcophages. L’Égypte entretient également des relations avec Chypre et la Crète et a établi sa domination sur la Nubie, qui fournit l’ivoire et l’ébène. L’extension territoriale et l’essor économique favorisent la création d’une oligarchie de hauts fonctionnaires centraux et provinciaux, dont la puissance devient une menace pour les souverains. Les nomarques, gouverneurs des nomes (districts), affirment leur autonomie. La position prépondérante du dieu solaire, Rê, s’impose probablement vers la fin de la Ve dynastie, sous l’influence du clergé d’Héliopolis. Le pharaon est désormais considéré comme le fils de Rê.

Dès cette époque, les navigateurs égyptiens explorent le continent africain jusqu’à l’actuelle Somalie ; les sciences (astronomie et médecine) se développent : nous devons aux astronomes de Memphis le calendrier solaire fondé sur une année de 365 jours.

3.3 L’effondrement de l’Empire memphite

Les inscriptions gravées sur les murs des tombeaux royaux de la VIe dynastie attestent de l’affaiblissement du pouvoir pharaonique. Certaines font même état d’une conspiration contre le pharaon Pépi Ier, qui a régné vers 2289-2255 av. J.-C., dans laquelle est impliquée la propre épouse du souverain. Mais plus certainement, le lent effondrement de l’Ancien Empire est à mettre en relation avec la montée en puissance des administrateurs du royaume. Et dans cette conjoncture, c’est une vague d’invasions du pays qui sonne le glas de la première unification entre Haute et Basse-Égypte.

4 LA IRE PÉRIODE INTERMÉDIAIRE : VIIE-DÉBUT DE LA XIE DYNASTIE (2152-2065 AV. J.-C.)
4.1 Le chaos dynastique

La VIIe dynastie marque le début d’une première période intermédiaire, qui va durer de 2152 environ à 2065 av. J.-C. Soumis aux raids étrangers, le territoire se morcelle et la famine apparaît tandis que se multiplient des mouvements de révolte, coïncidant avec la diffusion du culte d’Osiris qui semble témoigner d’une aspiration populaire à l’immortalité.

4.2 Héracléopolis contre Thèbes

À partir de la IXe dynastie, plusieurs dynasties cohabitent et cherchent à refaire l’unité du pays à leur profit. Les IXe et Xe dynasties, dites « héracléopolitaines », contrôlent depuis Héracléopolis les deux tiers du pays, tandis que la XIe dynastie, plus guerrière, est installée à Thèbes en Haute-Égypte. C’est de cette dernière que va naître le Moyen Empire.

5 LE MOYEN EMPIRE : XIE-XIVE DYNASTIES (2065-1781 AV. J.-C.)

Vers 2135 av. J.-C., les nomarques de Thèbes ont fondé la XIe dynastie. Les Antef s’efforcent d’étendre le royaume à partir de Thèbes, vers le nord et vers le sud, dans le but d’unifier le pays, mais c’est Mentouhotep Ier qui achève la reconquête du territoire. Sous son règne s’affirme la primauté du dieu thébain Amon.

5.1 Naissance du culte d’Amon-Rê

Sous la XIIe dynastie, inaugurée par Amménémès Ier, la capitale se déplace symboliquement vers le nord, à Licht, non loin du Fayoum dont les terres sont mises en valeur. La volonté de renforcer l’unité nationale s’exprime, durant cette période, par le compromis religieux passé avec les clergés thébain et héliopolitain, par lequel Amon est associé à Rê. Intercesseur entre Amon-Rê et les hommes, le pharaon renforce son pouvoir en abaissant celui de la féodalité provinciale et en assurant, de son vivant, la succession au trône. Dans le même temps, l’immortalité n’est plus l’apanage du souverain. Tous peuvent désormais y accéder, dans les limites imposées par un rituel très strict.

5.2 Une renaissance intellectuelle et culturelle

Durant les règnes des Amménémès et des Sésostris se constitue également une classe de fonctionnaires, intermédiaires entre le peuple et les hauts dignitaires. L’influence de ces scribes va progressivement croître. La période est celle d’une renaissance intellectuelle et culturelle, qu’exprime le développement de genres littéraires variés — romans merveilleux, analyses psychologiques (telle l’Histoire de Sinouhé), poèmes lyriques et traités scientifiques écrits sur papyrus. L’architecture, l’art et les bijoux révèlent une extraordinaire délicatesse de conception.

Les successeurs d’Amménémès Ier (Sésostris Ier, Amménémès II, Sésostris II, Sésostris III, Amménémès III et Amménémès IV) poursuivent l’ambitieuse politique étrangère de leur prédécesseur. Des forteresses sont bâties à travers toute la Nubie et le Soudan. Des gouverneurs sont envoyés en Palestine et en Syrie. Sésostris III, qui règne de 1881 à 1842 av. J.-C., organise une armée permanente qu’il utilise dans les campagnes contre les Nubiens, au sud, et contre les Libyens, à l’ouest. Il divise l’administration en trois unités géographiques puissantes, contrôlées chacune par un haut fonctionnaire dépendant du vizir.

6 LA IIE PÉRIODE INTERMÉDIAIRE : XIIIE-XVIIE DYNASTIES (1781-1550 AV. J.-C.)
6.1 L’installation des Hyksos

Au début du IIe millénaire, pourtant, l’unité égyptienne est ébranlée par l’afflux des populations sémites d’Asie intérieure chassées par les invasions indo-européennes dans l’Asie intérieure. Ces Hyksos, établis dans le nord-est du Delta, profitent de l’affaiblissement du pouvoir des pharaons des XIIIe et XIVe dynasties pour conquérir toute la Basse-Égypte. Ils maîtrisent l’art de la guerre, ont apporté en Égypte chevaux et chars. Une deuxième période intermédiaire s’ouvre vers 1781 lorsque Avaris, centre de la puissance des Hyksos, devient la capitale d’une XVe dynastie étrangère. Les rois hyksos adoptent les coutumes égyptiennes, adorent les dieux Seth et Rê, et prennent le cartouche et le protocole des pharaons d’Égypte.

6.2 La résistance thébaine

Le sud, cependant, a résisté aux conquérants. Les princes de Thèbes, qui contrôlent le territoire situé entre Éléphantine et Abydos, entreprennent de libérer le territoire. Kamosis parvient à vaincre les Hyksos, mais c’est son frère, Amosis Ier, qui finalement les chasse et réunifie le pays. Ils engagent alors une politique de destruction systématique des témoignages de la culture hyksos (d’où notre méconnaissance de cette période).

7 LE NOUVEL EMPIRE : XVIIIE-XXE DYNASTIES (1550-1075 AV. J.-C.)

Le Nouvel Empire, qui dure cinq siècles, a pour capitale Thèbes. Ses souverains portent à leur apogée la grandeur et la puissance de l’Égypte.

7.1 L’Égypte thoutmoside
7.1.1 Émergence des hypogées

Sur l’initiative d’Aménophis Ier, Karnak (sur la rive orientale du Nil) devient un grandiose site architectural. Le premier, il sépare son tombeau proprement dit du temple funéraire et instaure la coutume de tenir secret le lieu de son dernier repos. Son successeur Thoutmosis Ier fait creuser son hypogée dans la vallée des Rois. À partir du règne de Thoutmosis II, les reines acquièrent un rôle important. Ainsi, Hatchepsout, épouse de Thoutmosis II, après avoir assuré la régence de son neveu (puis époux) Thoutmosis III, obtient de fait les pouvoirs du pharaon.

7.1.2 Une politique impérialiste

Les souverains du Nouvel Empire ont tiré les leçons de la période précédente. Ils dotent le pays d’une puissante armée. Pour parer à la menace que constituent les États du Proche-Orient (le Hatti en Anatolie, le Mitanni entre le Tigre et l’Euphrate, et Babylone), ils mènent une politique impérialiste. Thoutmosis III, dont les campagnes asiatiques sont relatées sur les pierres du grand temple d’Amon-Rê à Karnak, conquiert la Syrie vers 1479, après avoir triomphé d’une coalition syro-palestinienne menée par le Mitanni. Aménophis II conclut plus tard une alliance avec cet État, inaugurant une ère de diplomatie active. Au sud, les Égyptiens pénètrent le pays de Pount (Éthiopie) et repoussent la frontière jusqu’à la quatrième cataracte. Les territoires placés sous protectorat payent leur tribut en contingents militaires, en esclaves pour les grands travaux et en céréales ; en contrepartie, ils conservent leurs institutions et leurs religions sont respectées. Seule la Nubie est profondément égyptianisée.

Deux menaces pèsent toutefois sur l’Égypte thoutmoside : à l’extérieur, les Hittites refoulent les Égyptiens de Syrie ; dans le pays, le clergé thébain prétend à un rôle toujours plus important au sein du système politico-religieux. Le grand prêtre d’Amon devient même le second personnage de l’État.

7.1.3 Akhenaton ou l’âge amarnien

Aménophis IV veut réformer la religion égyptienne, efforts auxquels son épouse, Néfertiti, prend une grande part. Il tente d’abolir le culte d’Amon pour imposer la croyance en un dieu central, sinon unique : Aton, représentant le Soleil dans sa totalité. Il prend pour nom Akhenaton (« celui qui plaît à Aton ») et quitte Thèbes pour une nouvelle capitale, Akhetaton (aujourd’hui Tell el-Amarna). Le culte d’Aton est cependant abandonné vers la fin de son règne et son gendre, Toutankhamon, ramène la capitale à Thèbes.

7.2 L’Égypte ramesside
7.2.1 Prospérité politique et culturelle

Pour contrebalancer l’influence de Thèbes, les Ramessides (onze pharaons des XIXe et XXe dynasties) doivent fonder une seconde capitale dans le Delta, à proximité de Tanis. Le fondateur de la XIXe dynastie, Ramsès Ier, ne règne que deux ans (1291-1289 av. J.-C.). L’Égypte connaît ensuite une longue période de prospérité et de développement, sous la conduite de Ramsès II, qui exerce le pouvoir durant soixante-sept ans. On lui doit une bonne partie des constructions de Louxor et de Karnak, ainsi que les temples creusés dans la falaise d’Abou Simbel. Ramsès II livre d’importantes batailles contre les Hittites, avant de signer avec eux un traité de partage de la Syrie vers 1283. L’alliance est scellée par un mariage avec la fille du roi hittite, Hattousil II.

7.2.2 L’invasion des Peuples de la mer

Le danger hittite écarté, l’intégrité du territoire doit être défendue contre de nouveaux envahisseurs : les Peuples de la mer, venus des côtes de l’Asie Mineure et de Grèce, dont ils ont été chassés par de nouvelles invasions indo-européennes et par l’arrivée des Doriens en mer Égée. Fils et successeur de Ramsès II, Mineptah (ou Mérenptah) les repousse. C’est à cette époque que les Juifs, persécutés par le pharaon, quittent le pays et gagnent la Terre promise, conduits par Moïse. Après la mort de Ramsès III, le deuxième souverain de la XXe dynastie, commence le déclin du Nouvel Empire. L’État, ruiné et assailli par les Assyriens et les Libyens, tombe sous la domination du clergé d’Amon, dont le grand prêtre, Hérihor, prend le pouvoir en Haute-Égypte.

8 LA BASSE ÉPOQUE : XXIE-XXXIE DYNASTIES (1075-332 AV. J.-C.)
8.1 Les luttes d’influence

Vers 1075, l’Égypte, scindée en deux entités, est soumise aux invasions étrangères. Au nord, Smendès a fondé la XXIe dynastie, dite tanite du nom de sa capitale Tanis ; au sud, les prêtres d’Amon se sont octroyés des titulatures royales et règnent depuis Thèbes de manière quasi autonome.

Au VIIIe siècle av. J.-C., un souverain de Koush conquiert l’Égypte par le sud ; la Haute-Égypte est alors dominée par les Soudanais de Napata qui mêlent leurs traditions à la culture égyptienne. Un siècle plus tard, les Assyriens placent le Delta sous protectorat.

8.2 La civilisation saïte

L’Égypte connaît un bref renouveau sous la XXVIe dynastie (664-525 av. J.-C.), après que Psammétique Ier, roi de Saïs, a repoussé les Assyriens et les Soudanais et restauré l’unité du pays. Il doit toutefois ouvrir le pays, ruiné, aux commerçants grecs et la « Renaissance saïte » est marquée par la forte influence culturelle et politique du monde grec. Cependant, les règnes des souverains de la XXVIe dynastie freinent plus qu’ils n’interrompent le processus de décadence.

8.3 La domination perse

La XXVIIe dynastie est achéménide, le roi de Perse Cambyse II s’étant emparé vers 525 de toute l’Égypte. Les Perses ne sont chassés qu’avec l’appui des Grecs. Les trois dynasties suivantes sont à nouveau indigènes mais, vers 342 av. J.-C., le pays passe à nouveau sous domination perse.

9 L’ÉGYPTE HELLÉNISTIQUE (332-30 AV. J.-C.)
9.1 La période macédonienne

Alexandre le Grand, dont les troupes occupent l’Égypte, en 332 av. J.-C., libère le pays de la tutelle perse. Jusqu’en 30 av. J.-C., l’Égypte est intégrée au monde hellénistique.

Le Macédonien, qui quitte le pays dès le printemps de l’an 331, fonde Alexandrie et sait obtenir la faveur de la population en maintenant les lois et les traditions nationales. Il s’assure surtout l’appui du clergé en se rendant dans le temple d’Amon, où il fait reconnaître sa filiation divine. Le pays est gouverné par ses généraux, qui désignent Ptolémée comme satrape d’Égypte à la mort d’Alexandre, en 323. Ptolémée se proclame roi, en 305 av. J.-C., et règne dès lors comme un pharaon.

9.2 La période ptolémaïque

Durant près de trois siècles, la dynastie lagide fait de l’Égypte l’une des grandes puissances du monde hellénistique. Dans sa plus grande extension, sous Ptolémée III Évergète, l’empire ptolémaïque domine une grande partie de la Syrie, la Cilicie, Cyrénaïque, Chypre et a la maîtrise de la Méditerranée et de la « mer des Indes ». Cependant, la richesse de l’État est fondée sur l’exploitation de la paysannerie égyptienne, lourdement imposée sur les produits issus de terres entièrement en possession du souverain. L’administration est aux mains des colonisateurs hellènes (Macédoniens ou Grecs) et seuls les membres des minorités perse ou juive peuvent espérer accéder aux charges importantes. Les émeutes populaires se multiplient à partir du règne de Ptolémée IV Philopator (222-205 av. J.-C.) ; la contestation prend d’autant plus d’ampleur que les intrigues de palais fragilisent le pouvoir. Les Séleucides, rivaux des Lagides pour le contrôle de la Syrie, tentent de tirer profit de l’affaiblissement de l’Égypte ptolémaïque. En 168 av. J.-C., Antiochos IV Épiphane attaque Alexandrie, sauvée in extremis par une intervention romaine.

Dès lors, le poids de Rome dans les affaires égyptiennes ne cesse de s’alourdir. L’habileté de la reine Cléopâtre, alliée d’abord à Jules César puis à Marc Antoine, ne permet pas d’éviter la chute. Après que ses forces ont été défaites par les légions romaines d’Octave (futur Auguste) à la bataille d’Actium, en 31 av. J.-C., Cléopâtre se suicide.

10 L’ÉGYPTE ROMAINE ET BYZANTINE (30 AV. J.-C.-642 APR. J.-C.)

L’Égypte demeure une province romaine durant près de sept siècles. Source de richesses pour Rome, elle est maintenue sous un régime d’administration proche de celui qui existe sous les Lagides. En revanche, l’empereur Auguste craignant que le gouverneur de la province ne devienne un nouveau pharaon, la province égyptienne relève personnellement de l’empereur et est gouvernée par un préfet de rang équestre. Au VIe siècle apr. J.-C., Justinien place l’armée sous un commandement séparé.

10.1 La domination romaine

Durant la période romaine, l’Égypte connaît une paix relative ; sa frontière méridionale, à Assouan, n’est que rarement attaquée par les Éthiopiens. Alexandrie, grande métropole de l’Empire romain, est le centre d’un commerce prospère entre l’Inde, la péninsule d’Arabie et les pays méditerranéens. La culture romaine ne pénètre guère la société égyptienne, hellénisée sous les Ptolémées. Les Égyptiens demeurent d’ailleurs exclus de la citoyenneté romaine jusqu’à l’édit pris par l’empereur Caracalla, en 212 apr. J.-C. (voir édit de Caracalla).

Les empereurs romains, afin de se concilier le clergé, protègent la religion ancienne, achèvent ou embellissent les temples commencés sous les Ptolémées et y font graver leurs propres noms comme le faisaient les pharaons. On peut trouver leurs cartouches à Isna, Kom Ombo, Dendérah et Philae. Les cultes égyptiens d’Isis et de Sérapis s’étendent dans tout le monde gréco-romain. Dans le même temps, le christianisme se développe. Il semble qu’il pénètre d’abord la communauté juive d’Alexandrie, ébranlée par deux révoltes contre l’occupant romain (66 et 117 apr. J.-C.). La foi chrétienne se diffuse assez rapidement au sein de la population égyptienne, qui manifeste ainsi son opposition à l’exploitation romaine. L’Égypte chrétienne adopte sa propre langue, le copte.

10.2 La domination byzantine

Lorsque, après le partage de l’Empire romain, en 395, l’Égypte devient byzantine, le patriarche d’Alexandrie a acquis une grande puissance au sein de l’Église chrétienne et il bénéficie du soutien du pape contre son rival de Constantinople. Saint Cyrille, patriarche d’Alexandrie de 412 à 444, obtient la condamnation pour hérésie de Nestorius, patriarche de Constantinople (voir nestorianisme). Mais le pouvoir du patriarcat alexandrin devient menaçant pour la papauté elle-même. Le successeur de Cyrille, Dioscore, qui a défendu les thèses monophysites, est déposé au concile de Chalcédoine, en 451. Le monophysisme, parce qu’il est condamné par Constantinople, est dès lors adopté massivement par les chrétiens d’Égypte. Durant les deux siècles suivants, la plus brillante période de l’art copte, la communauté chrétienne d’Égypte est victime des persécutions du pouvoir byzantin, lesquelles visent également les Juifs. Après les treize années d’occupation sassanide, de 616 à 629, l’intolérance religieuse est portée à son comble. Le basileus Héraclius promulgue une série d’édits imposant le baptême aux juifs et la doctrine de l’Église byzantine aux coptes. L’Égypte passe finalement sous la domination arabe en 642, après la chute d’Alexandrie.

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Voyage dans les entrailles d’un python

Posté par dodyko le 26 juillet 2011

Offrez un rat à un python birman de 5kg et attendez. Affamé, il fond sur sa proie. En une fraction de seconde il s’enroule autour de l’animal. Il le serre fort… pendant un long moment. Le rongeur agité fini par se détendre, mort d’asphyxie. Tout doucement, le reptile se déroule libérant le rat de son emprise. Le gober prend plusieurs minutes; à la fin, le python est droit comme s’il avait avalé un parapluie. On voit alors son corps onduler et une grosse bosse reculer lentement, de la glotte vers la queue de l’animal: le voyage du rongeur commence…  Mais que se passe-t-il au juste?

Kasper Hansen et Henrik Lauridsen, Département de Zoophysiologie de l’université Aarhus - Photo

Kasper Hansen et Henrik Lauridsen, deux membres de l’équipe danoise du Département de Zoophysiologie de l’université Aarhus… et le python birman.

© Kasper Hansen and Henrik Lauridsen, MR Research Center, Aarhus University Hospital, Skejby, Denmark and Department of Zoophysiology, Biological Sciences, University of Aarhus, Denmark.

Une équipe danoise de Zoophysiologie s’est posée la question. Pour arriver à leur fin, les chercheurs ont allié deux techniques de scan, une vraie nouveauté. Le résultat est saisissant.
Digestion d'un rat par un python birman - Photo

© Kasper Hansen and Henrik Lauridsen, MR Research Center, Aarhus University Hospital, Skejby, Denmark and Department of Zoophysiology, Biological Sciences, University of Aarhus, Denmark.

Oui oui, c’est bien, le python birman. Le rat – qui semble s’être lancé dans une petite brasse coulée- est arrivé à mi-parcours, il a rejoint l’estomac. Les formes ovales et rouges qu’on voit à l’arrière sont des œufs. Et, juste en-dessous, si vous y regardez de plus près, on découvre les restes d’un ancien repas. Sûrement des os et des poils pas très digestes…

Une fois la proie dans l’estomac, la digestion peut commencer. Pour arriver à la voir, l’équipe a anesthésié le python 8 fois: une heure avant la petite collation puis 2h, 16h, 24h, 32h, 48h, 72h et 132h après. Le reptile a donc mis cinq jours et demi à digérer le rongeur ! Bon d’accord, les anesthésies multiples ont pu ralentir la digestion mais il fallait bien que le prédateur ne bouge pas pendant la photo !
Digestion d'un rat par un python birman - Photo

© Kasper Hansen and Henrik Lauridsen, MR Research Center, Aarhus University Hospital, Skejby, Denmark and Department of Zoophysiology, Biological Sciences, University of Aarhus, Denmark.

Impressionnant. Imaginez alors ce que ce sera pour un vrai festin. Car certains pythons birmans peuvent avaler… des chèvres ou des cerfs ! Ce dangereux reptile est un prédateur « sit and wait », sa stratégie c’est : « s’asseoir et attendre » ce qui veut dire qu’il peut attendre un long moment avant de faire un gros repas! D’ailleurs, son organisme le montre: le système digestif se réveille rapidement et les organes s’adaptent à l’arrivée du repas.

Mais le plus stupéfiant, ça reste la qualité des images ! Du jamais vu !
Python birman ayant avalé un rat - photo

© Kasper Hansen and Henrik Lauridsen, MR Research Center, Aarhus University Hospital, Skejby, Denmark and Department of Zoophysiology, Biological Sciences, University of Aarhus, Denmark.

Pour obtenir ces clichés, l’équipe a couplé deux techniques complémentaires : la tomodensitométrie et l’IRM

La tomodensitométrie est une technique très classique (qui n’est pas réservé aux pythons). Très fréquente dans les hôpitaux, elle permet d’obtenir des « tranches » – de crâne par exemple- grâce à un scanner à rayons X. En fait, un faisceau de rayons traverse le patient et on mesure l’absorption des rayons par les tissus : les tissus mous (les organes) absorbent plus les rayons que les tissus durs. Les os sont donc plus lumineux sur l’image. Grâce à la rotation du faisceau autour du corps, on obtient une image à 360° qui permet de reconstruire sur ordinateur des images 2D ou 3D. ( une vidéo bien faite sur ce site)

La seconde technique ? l’IRM : Imagerie par résonance magnétique. Le nom est barbare, mais vous connaissez forcément la machine à IRM: on la voit dans toutes les séries médicales !

Le patient – notre python – s’allonge sur une longue table qui glisse à l’intérieur d’une machine en forme de tunnel. Et là, si on veut de belles images, il ne faut surtout pas bouger. Le corps est alors soumis à un puissant champ magnétique. Celui-ci va agir sur les atomes d’hydrogène, présents en très grand nombre dans notre corps. Ces atomes tournent sur eux-même pèle-mêle mais, sous l’influence du champ magnétique, ils vont tous s’aligner (vidéo explicative ici). Lorsqu’on interrompt le champ, les atomes vont peu à peu retrouver leur position d’origine, tout en émettant de l’énergie. Selon le tissu, ce « retour à la normale » va prendre plus ou moins de temps. D’où une différence d’émission d’énergie qu’on observe sur l’image. Comme pour la première méthode, on obtient des « coupes » qui permettent de reconstruire des images en 2D ou 3D.

Voilà une technique très efficace pour l’étude des tissus mous qui contiennent beaucoup d’eau (et donc beaucoup d’atomes d’hydrogène). Les contrastes sont meilleurs qu’avec la tomodensitométrie. Par contre, l’IRM est moins efficace que la tomodensitométrie pour les os car ils renferment peu d’hydrogène. Voilà donc un couple idéal ! Précis, l’un pour les os, l’autre pour les organes.

A quand le léopard, la chauve souris, le scorpion et la grenouille? Les chercheurs n’ont pas attendu! Ils se sont déjà lancés dans d’autres investigations: alligator, tortue, tarentule et grenouille ont déjà eu droit à un scanner grande classe comme les vrais patients d’un hôpital. Les images sont tout aussi époustouflantes, aussi bonnes que celles des livres d’anatomie. Meilleures même selon les chercheurs. Eh oui, on évite les erreurs d’observations liées au dissection (comme les poumons de la tortues qui s’effondrent lorsqu’on ouvre la carapace) et puis, c’est pratique, on peut réutiliser le même animal encore et encore. Enfin, détail non négligeable : on ne tue pas l’animal.

Tomodensitographie et IRM d'une tortue - Photo

Tomodensitographie et IRM d’une tortue

© Kasper Hansen and Henrik Lauridsen, MR Research Center, Aarhus University Hospital, Skejby, Denmark and Department of Zoophysiology, Biological Sciences, University of Aarhus, Denmark.

Pauline de Wurstemberger

Article du site du magazine science & vie junior: http://www.svjlesite.fr/

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Le Machu Picchu fête ses 100 ans de découverte

Posté par dodyko le 25 juillet 2011

 La cité perdue du Machu Picchu a été construite au XVe siècle, cent ans avant l’arrivée des conquistadors espagnols. Le 24 juillet 1911, la citadelle péruvienne est redécouverte par l’explorateur Hiram Bingham. Cette découverte fête aujourd’hui son centenaire.

hiram-bingham Ce “vieux pic” en langue inca, star du tourisme qui représente 70% des revenus nationaux du tourisme péruvien (ce sont environ 800 000 visiteurs qui se pressent sur ses terrasses chaque année), fêtait ce 24 juillet 2011 les 100 ans de sa découverte “officielle” par monsieur Hiram Bingham III. Ce professeur assistant d’histoire de l’Amérique latine à l’université de Yale a été cité de nombreuses fois dans les pages de notre magazine. Pour cause, la National Geographic Society a financé une partie de l’expédition qui consistait à dégager le site couvert  occulté par des siècles de végétation.Car lorsque Bingham découvre le Machu Picchu, la cité Inca lui est encore invisible. L’explorateur espère mettre la main sur un trésor. Pas de traces d’or, mais des os et de la poussière attendent l’aventurier, alors déterminer à mettre la main sur Vilcamba, la dernière capitale inca. Pourtant, il signe là l’une des plus incroyables découverte du XXe siècle,. En juillet 1911, année de son expédition, épuisé par la chaleur et la marche, accompagné de ses guides, il rencontre deux familles de paysans péruviens.

 

Ces derniers utilisent encore les vieille constructions incas du site pour se ravitailler en eau. Le fils d’une des familles, d’une dizaine d’années, propose alors de conduire Bingham jusqu’à cette zone urbaine en friche. Au détour d’un monticule, Bingham aperçoit des terrasses reliées par un escaliers : “dans mon excitation, j’ai oublié la fatigue (…). Je me suis engagé dans un sous-bois humide, puis je me suis arrêté : un mur couvert de mousse se dressait devant moi …”, écrit-il dans Great Adventures, un livre publié par la NGS en 1963. A son retour, l’explorateur demande à la NGS de co-financer les fouilles du site. En avril 1913, la NGS titre sa couverture “In the wonderland of Peru” pour un numéro spécial sur le Machu Picchu. L’analyse scientifique et archéologique du site perché à 2400 mètres par des équipes multidisciplinaires est lancée.

Cependant, Bingham n’est pas le premier a avoir découvert le site. Le 14 juillet 1902, quelques visiteurs ponctuels avaient déjà apposés leur nom sur les murs du Templo de las Tres Ventanas. Néanmoins, Bingham a  le mérite d’avoir reconnu l’importance des ruines et de les étudier. Une polémique vient entacher cette découverte, puisque depuis quelques années, le gouvernement péruvien demande a récupérer les objets recueillis par Bngham lors de l’expédiation et ramenés à l’université de Yale (USA). A l’automne 2010, à l’approche du centenaire de la découverte, Yale a annoncé qu’elle restituerait tous les objets au Pérou. machu-picchu

Marie Dias-Alves

 Article du site: http://www.nationalgeographic.fr/

 

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DANCING NOT CRYING !!!

Posté par dodyko le 22 juillet 2011

Image de prévisualisation YouTube

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La Libye coupée du web

Posté par dodyko le 22 juillet 2011

Vendredi 4 mars 2011, 17 heures. Les internautes libyens n’ont plus accès à Youtube, aux moteurs de recherches et à leur messagerie, le monde entier galère pour surfer sur les sites hébergés en Libye… Les données de Google sont formelles :  le dictateur Kadhafi vient de couper Internet dans tout le pays. But de la manœuvre : empêcher la révolution… Mais comment ces fieffés filous s’y sont pris pour déconnecter tout un Etat ? La Libye fait tout de même 1 762 000 de kilomètres carré. Plus de 3 fois la France !

Pour se connecter à Internet, où que l’on soit dans le monde, on a besoin d’un fournisseur d’accès: concrètement, c’est un serveur informatique auquel votre ordi est branché et qui lui sert de porte d’entrée sur la toile mondiale. Quand on lance la connexion, une communication s’établit entre notre ordinateur et notre fournisseur d’accès. Chaque fois qu’on veut consulter notre messagerie, nous lui envoyons une requête pour relever nos emails qui sont en fait stockés sur son serveur, et le fournisseur nous envoie une réponse permettant l’accès à notre boite mail… Idem pour tout ce qu’on peut faire sur le net. Autrement dit : sans fournisseur d’accès, impossible de se connecter !

La Libye coupée du web dans Actualités OKKa

Kadhafi a fait coupé le web : le 4 mars, la courbe des connexions s’effondre (dessin OL)

Revenons maintenant au cas de la Libye. Dans ce pays, l’unique fournisseur d’accès à Internet est dirigé par… Suspense… Mohammed Al-Kadhafi, l’un des fils du dictateur ! Obéissant à son père, le fiston qui contrôle l’intégralité du réseau libyen a réduit la bande passante disponible pour les internautes libyens… Quésaco ? La bande passante représente la quantité de données qui peuvent être échangées sur le net. Plus elle est grande, plus les flux d’information peuvent être importants et plus l’ordinateur se connecte rapidement. En réduisant la bande passante, le fils de Kadhafi a donc ralenti au maximum les communications. Conclusion : en Libye, Internet fonctionne actuellement… mais très très très lentement, ce qui ressemble à une coupure totale du réseau ! Et le plus malin, c’est que la bande passante est réduite uniquement pour le peuple mais pas pour les services du gouvernement, qui eux, ont accès au web, les petits veinards !

Dire que pour supprimer Internet dans tout un pays, il n’a fallu que quelques minutes… Et si ça se passait en France ? Pas de panique, la législation française interdit aux autorités d’utiliser un tel procédé. Et puis dans un pays où 64 % des habitants ont Internet à domicile, une telle initiative provoquerait un tollé ! Imaginez une armée de geeks assoiffée de clics déferlant sur Paris… Finis les LOL et les MDR, la révolution serait en marche !

Caroline JURY

 Article du site du magazine science & vie junior: http://www.svjlesite.com/

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On a découvert 17 nouvelles pyramides !

Posté par dodyko le 22 juillet 2011

On a découvert 17 nouvelles pyramides ! dans insolite EGYPTE

L’Egypte est encore loin de nous avoir livré tous ses secrets. On a tous en tête les images des célèbres pyramides de Gizeh (qu’on vous a montré récemment sur notre site), pourtant il existe encore de nombreuses constructions, pas encore mise au jour. Ainsi, Sarah Parcak, une archéologue américaine a découvert au mois de mai dernier un site près de Saqqarah où se trouvent enfouies pas moins de 17 pyramides inconnues jusqu’alors des égyptologues. Plus de 1000 tombes et 3000 bâtiments se trouveraient à cet emplacement.

Pour faire cette découverte d’une ampleur exceptionnelle, l’américaine s’est servie d’images satellites. Eh oui, on n’est plus au temps d’Indiana Jones : maintenant, ce sont ces appareils en orbite à environ 700 km d’altitude qui permettent de trouver des objets sous terre. « La lumière du Soleil frappe la surface du sol, explique Tiziana Ercole, archéologue spécialisée dans la télédétection. Chaque élément touché renvoie différemment une partie du rayonnement, en fonction de sa composition physique et chimique : on appelle ça une signature spectrale ». C’est précisément cette information qui est enregistrée, au moyen de capteurs, par les satellites.

Or la présence de vestiges souterrains se traduit par une « signature spectrale » particulière, car ces ruines affectent la rugosité des sols et la croissance de la végétation. De la même façon, l’absorption de l’eau n’est pas la même selon que la terre abrite ou non des vestiges archéologiques.  Ainsi, un ancien chenal enfoui sera rempli de terre et conservera un taux d’humidité plus élevé. La végétation poussera plus dense au-dessus et plus verte.

Grâce à de tels éléments, les archéologues peuvent faire une carte et sauront où creuser. « Il existe beaucoup de satellites que les archéologues peuvent utiliser, comme Landsat et Spot qui sont plus dédiés à la détection de la végétation. Ils ne permettent pas de repérer de petits objets mais de grands éléments du paysage. Par contre Ikonos et QuickBird fournissent des images où l’on distingue des objets de 0,61 m à 4m. Geo-Eye, le satellite de Google analyse des objets à partir de 0,50 m. » précise Tiziana. « La télédétection reste pourtant peu utilisée en France, nuance cependant Sandrine Robert, archéogéographe à Nanterre. Les archéologues utilisent plus souvent des photos prises simplement par des avions ». Eh oui, prendre de la hauteur, c’est très coûteux !

 

                          Article du site du magazine science & vie junior: http://www.svjlesite.com/

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